Agnel (col)
On accède au col Agnel à partir du col de Chamoussière, qui est dans les Schistes lustrés. Entre Chamoussière et le col Agnel, les pentes sur la droite montrent des Schistes lustrés avec des blocs d'ophiolites, comme dans le secteur du Rouchon et de Roche Ronde, que l'on a vu en montant.
Aux environs du col Agnel quelques bancs de marbre blond se débitant en lauzes s'intercalent dans les calcschistes (Schistes lustrés). Au fond, peuvent s'observer les marbres blonds du Pain de Sucre et de la Taillante.
Tout au fond surgit le mont Viso, dont l'altitude exceptionnelle pour la région (3 841 m) est due à la très grande résistance à l'érosion (par rapport aux Schistes lustrés tendres qui l'encadrent à l'est et à l'ouest) et à la grande épaisseur (due au plissement alpin) des basaltes et gabbros dont il est constitué.
Du col Agnel lui-même, le Pic d'Asti (vers le nord-est) et le Viso (vers l'est) montrent de l'extension fragile : de grandes failles normales de plusieurs centaines de mètres, fortement pentées (60 °) et conjuguées.

La présence de ces failles normales conjuguées est l'expression de l'extension fragile tardi-orogénique qui affecte la zone interne des Alpes depuis environ 10 Ma. Les données sismiques et GPS montrent que cette extension dans les zones internes est toujours active et peut être expliquée par deux interprétations contradictoires :
- l'extension résulte du poinçonnement vertical des zones internes par la remontée du manteau rigide Apulien (raccourcissement vertical dominant)
- l'extension de surface traduit une extension généralisée avec éloignement entre la France et l'Italie.
À l'heure actuelle, ces structures et la sismicité sont compatibles avec ces deux modèles et le GPS n'est pas suffisamment précis pour conclure si effectivement la France s'éloigne de l'Italie.
La descente se fait dans un grand éboulis chaotique dans lequel on observera les roches qui ont été décrites, notamment de beaux gabbros.
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